Robert Charbonneau, Designer et inventeur

Membre de l'Association des Designers Industriels du Québec (ADIQ)

Petites Unités Habitables

 

 

Mon implication dans le domaine des gonflables a débuté par de petites unités à l’échelle humaine. C’est un confrère de travail chez SNC qui m’y a initié alors qu’il était lui-même novice en la matière. Au milieu des années ‘70, les structures gonflables n’étaient pas aussi courantes qu’aujourd’hui. Leur usage était souvent réservé aux militaires à des fins spécialisées comme protéger des antennes-radar dans l’Arctique, par exemple.  Il s'est même couvert quelques stades et réalisé plusieurs grands abris, mais rien à l’échelle humaine.

L’idée de faire de petits « chalets » gonflables était séduisante et surtout accessible. Il suffisait d’un rouleau de toile de vinyle, de colle, d’une machine à coudre et d’un petit souffleur. On a ainsi réalisé plusieurs modèles aux cours de nos expérimentations, remplaçant au passage la colle par la soudure à hautes fréquences. Graduellement projet par projet et au contact de divers fabricants dans le monde des tentes et du canevas en général, on a pu parfaire nos connaissances et apprendre les règles de l’art.

 

Souvent assimilé à une tente, il suffit de pénétrer dans un gonflable pour constater qu’on est dans un autre monde. Ne serait-ce que de pouvoir se tenir debout sur la majorité d'une spacieuse aire de plancher apporte un confort qui fait rapidement cesser toute comparaison. De plus, pas de moustique, pas accumulation d'humidité et on peut aisément y vivre par mauvais temps. C’est pourquoi on a souvent parlé de mini-chalets, surtout lorsque installés sur plateforme avec un sas d’entrée. Mais l’exploration de modèle a couvert beaucoup plus large. On était en terrain vierge et tout restait à inventer. Il y avait bien sûr le design général, mais aussi le plancher, l’accès, le système de soufflerie, l’ancrage, les matériaux et les méthodes de fabrication.

À la suite de multiples développements, afin de faire un produit plus léger et plus mobile, la toile de vinyle a été remplacée par le polyester en assemblage cousu.

À ce moment, on avait intégré le principe du caténaire permettant un ancrage par points. Plusieurs expérimentations ont aussi été faites en conditions hivernales.

Contexte historique

Par ailleurs, il fallait aussi aimer les calculs géométriques et avoir une certaine habileté à visualiser des formes dans l’espace, souvent les yeux fermés. À l’époque, l’ordinateur n’existait pas et la calculatrice à opérations de base était encore un luxe, voire une curiosité. Tout ce dont nous disposions étaient la règle à calcul et le livre des Tables logarithmiques. Des heures de plaisir pour calculer un seul fuseau point par point. Outre les calculs, la représentation était aussi un problème. Les volumes courbes ont besoin des ombres pour apparaître comme tels, sans quoi un dôme vu de face a simplement l’air d’un arc de cercle. Quant à calculer l’intersection de deux sphères ou pire, d’une sphère et d’un cône, je laisse deviner.

Il s'agit ici d'un des premiers ballons. Il fait d'une toile de vinyle soudée. C'est  un tube empli d'eau à la base qui sert d'ancrage et assure l'étanchéité. On n'en était pas encore aux caténaires.

Ci-contre et ci-bas, deux unités à double-bulle montées sur plateforme.

Ici, il s'agit d'un double ballon à pression différentielle, c'est-à-dire qu'un ballon est gonflé à l'intérieur d'un autre légèrement plus grand et qui se gonfle par l'air qui s'échappe du premier. En contrôlant les restrictions d'entrées et sorties d'air respectives, on arrive à l'équilibre voulu.

Après quelques années d’implication dans le développement de ce type de produit, je m’en suis désintéressé, n’y voyant pas de véritable débouché commercial à ce moment. Le marché a changé et les perspectives sont sans doute meilleures aujourd’hui. Mon confrère de l’époque qui a toujours conservé l’intérêt a fait une relance il y a deux ans avec une nouvelle version bien rodée. (Cosy Bubble)

Robert Charbonneau, Designer et inventeur

438-808-5121

robert@cdesign.ca